Geographie
Extrait du rapport d’exploration de Tam Dufour-Spritz, explorateur émérite de la Cour d’Emren:
“L'un de mes voyages les plus surprenants fût en terre d'Austras. Malgré les éléments déjà en ma connaissance concernant le climat: aride, aux températures parfois extrêmes avec des vents violents. Y faire face fût une véritable épreuve.
C'est à Cinnamae, la capitale, en Altum, que mon voyage commence. Cette ville, cosmopolite malgré une majorité de locaux, est une place forte du commerce. C'est ici que les richesses de l'Austras s'échangent et se troquent. Cette ville si caractéristique, chaude par sa température mais froide par ses silences - sitôt éloigné des lieux de criées commerciales - semble élevée par une force inconnue. Ses remparts lourds et imposants protègent la ville des attaques et des regards indiscrets. C'est à l'ombre de ces remparts que les échanges les plus discrets se font. Que les regards fuient ou rôdent et scrutent chaque homologue. Ses places, ses quais, ses monuments, ses aqueducs, ses tours, tout est blanc et lumineux. L'endroit est... Je ne trouve pas le mot, ou n'ose le prononcer !
Cinnamae est à l’image de toutes les rives nord de Kahalas, des lieux baignés de chaleur bienveillante et humide. Les vagues chantent une mélodie apaisante sur des plages dorées, accueillant les échos des villes côtières animées. Les tours ornées se dressent vers le ciel azur, formant une mosaïque architecturale témoignant de cultures interconnectées et de caravanes aux destins variés.
Mais l'appel de l'aventure me pousse au-delà de ces horizons familiers. Pénétrant dans les terres intérieures, j’entre dans le désert supérieur, un territoire âpre mais finalement accueillant, au contraire de la suite de mon voyage. Les caravanes suivent des sentiers tracés par des générations pour s’enfoncer prudemment dans les profondeurs d’Austras…
Le désert inférieur, au sud, est une terre de désolation. Ici, la nature est implacable, tandis que les nomades naviguent dans un monde qui n’est plus que sable, soleil et solitude. La Terre des Trois Vents offre un spectacle irréel. Les tempêtes, telles des divinités en colère, balayent le paysage avec une intensité déchirante, nous confrontant à notre fragile existence face à la puissance des éléments. Finalement, la Langue de Feu. Le sanctuaire infernal du sud, s'étend devant moi après ce qui m’a semblé être une éternité à voyager. Les températures extrêmes déforment la réalité, faisant danser l'air en vagues de chaleur frénétiques. Les dunes de sable doré semblent fondre sous le soleil. Les âmes qui survivent ici sont forgées dans les flammes de la détermination. Je termine mon périple en Darnass, dans la cité de Tanaris. Cette ville est protégée au Nord par les rocheuses d'Ovélite et, à l'Est et à l'Ouest, par le désert et la rencontre fracassante des trois vents. Elle n'est, en théorie, accessible que par un fleuve qui se jette dans la mer Intérieur d'Austras. Un fleuve qui paraît donc incontournable, mais qui est si dangereux que la région tout entière semble hors de portée.
Ainsi, au cœur du royaume de Kahalas, la vie est un équilibre précaire entre la ténacité humaine et la rudesse implacable de la nature. Chaque aurore annonce un ballet minutieusement orchestré par les habitants, une danse avec les éléments pour assurer leur survie et leur prospérité.
L'agriculture à Kahalas est un véritable acte de dévotion envers la terre. Les habitants ont développé des techniques sophistiquées qui leur permettent de tirer parti du peu d'eau disponible. Les systèmes d'irrigation complexes, construits au fil des siècles, acheminent l'eau précieuse vers les cultures avec une précision étonnante. Les terres sont cultivées avec soin, chaque plante choisie avec sagesse pour sa capacité à résister aux températures extrêmes et aux sols arides. La maîtrise des techniques agricoles à Kahalas est source de fascination pour le reste du monde. Les habitants de ce royaume ont réussi à établir un équilibre précis avec leur environnement hostile, faisant preuve d'ingéniosité et de persévérance. Leurs compétences éprouvées par des siècles d'expérience sont considérées comme une véritable magie par ceux qui les observent, inspirant admiration et respect à travers les contrées lointaines.
Je ne me contenterais pas de vous narrer mes expériences à Kahalas, je dois aussi mentionner les îles qui bordent Austras. A l'ouest, on trouve trois principautés. Respectivement Fenrona, Achem et Ptrah. Les deux premiers lieux sont des îles. Le troisième est une ville. Ces principautés, comme leur appellation l'indique, fonctionnent de manière autonome. Ces Cités-Etats sont les plus célèbres de Septas. Consacrées par le Traité de Réunification il y a un siècle de cela. Les habitants de ces principautés bien différentes ont au moins cela en commun, c'est qu'ils semblent vivre en totale liberté. Si les quelques rares lois fondamentales ne sont pas enfreintes, chacun peut se rendre justice lui-même. La seule condition semble être morale. Mais une morale fluctuante. Selon si l'ambiance est au pardon ou à l'exécution, votre sort peut largement différer, et ce pour le même crime. La principauté et sa garde n'interviennent que lorsqu'elle est directement visée ou que des actions entravent son fonctionnement, et surtout ces affaires.”
