Meredrynn
Histoire
La cité libre de Meredrynn se dresse au nord du Royaume d’Emren, dans le comté de Frégand. Cette communauté prospère au cœur d’une puissante forteresse érigée durant la Grande Guerre au creux d’une vallée verdoyante et fertile, à la croisée des royaumes. Son enceinte de pierres anciennes enlace les habitations, parsemée régulièrement de tours de gardes affaiblies, scrutant inlassablement l'horizon à la recherche d’un ennemi qui ne viendra plus. Les cicatrices du massif donjon en son centre témoignent d’un passé teinté de violence, à tel point que les meredréens ont un temps déserté la ville. Aujourd’hui, la paix est maîtresse en Septas et la situation géographique de la citadelle, propice aux échanges humains et commerciaux, a su attirer l’attention des puissants de ce monde et de leurs richesses, entraînant un essor rapide. Les sinueuses rues pavées grouillent d’une nouvelle vie bien organisée. Mendiants, nobles, commerçants et autres artisans se croisent et se recroisent dans une chorégraphie quotidienne bien maîtrisée.
L’histoire de Meredrynn est connue à travers les contes et les chants. Malheureusement, son passé militaire a eu raison des traces écrites qui furent soit détruites, soit archivées sous secret. Les bardes scandent la gloire d’une puissante forteresse séculaire qui fut le théâtre de féroces affrontements durant la Grande Guerre. La plus célèbre de ces batailles est celle qui vit naître la légende d’Imizaelle la Protectrice, sainte patronne de la cité. Par son sacrifice au combat elle permit à la population civile d’évacuer alors que tout semblait perdu. Les habitants ne retournèrent chez eux qu’une fois la paix instaurée, il y a précisément cent ans de cela. Étant un point de passage obligatoire pour tous les voyageurs souhaitant transiter vers les royaumes voisins, Meredrynn se relève rapidement de ses souffrances et s’anime à nouveau.
Il ne fallut pas longtemps pour que des commerçants avisés réalisent le potentiel financier de la cité. Les échoppes sortent de terre et, de plus en plus, les biens et la monnaie s’échangent. En seulement quelques décennies, Meredrynn devient un comptoir incontournable pour le commerce d’Emren et ses voisins. La plus grande richesse de la ville vient du commerce de teintures rares et notamment l’extrait de fleur qui permet de répandre le bleu roi, symbole du Royaume d’Emren, sur ses bannières et les habits de ses sujets. Cette teinte vient également orner les écus de la ville.
La cité forteresse se remplit au fil des années d’une population hétéroclite, aussi bien culturellement que socialement. Aux mérédréens d’origine se mêlent les réfugiés qui se sont installés et les voyageurs dont l’escale s’est vue prolongée d’une durée indéterminée. Les personnes dont la quête de richesse s’est révélée fructueuse côtoient ceux qui ont eu moins de chance. Cet échiquier social et politique s’avère difficile à gérer pour le vieux comte de Frégand. Le Roi d’Emren se résout alors, pour le bien de tous, à octroyer à Meredrynn le statut de cité libre. Cela signifie qu’il lui est laissé une certaine indépendance dans sa gestion administrative. Elle possède donc son propre gouvernement et sa propre force de sécurité en plus d’une garnison de l’armée Emrenienne. Cette décision étant récente, c’est à l’heure actuelle le capitaine de cette garnison qui assure la régence de la ville en attendant qu’un bourgmestre soit élu.
Vie de Meredrynn
Meredrynn est une cité Emrénienne typique. Les hautes maisons à colombages surplombent d’étroites rues pavées, formant des rues sinueuses et sombres qui mènent à la cité haute, au sommet de la motte où fut érigé le grand donjon. Cet imposant édifice partiellement en ruines, abrite encore aujourd’hui une chapelle de la Foi où des messes sont célébrées. Les prêtres vous y accueilleront pour un moment de recueillement au creux de ses murs qui imposent la solennité.
Comme souvent aux abords des édifices religieux, on trouve le quartier dit “de la main tendue”, nommé simplement ainsi car les nécessiteux s’y sont rassemblés pour recevoir la charité offerte par les clercs. C’est un endroit recommandé pour involontairement se séparer de sa bourse. On peut toutefois y trouver un intérêt à s’y rendre pour faire la connaissance d’une main d'œuvre au rabais qui pose peu de questions. C’est naturellement ici que la guilde des mercenaires a implanté un bureau d’offres. Il est bien connu de tous car il permet aisément d’y déposer des contrats de travail ouverts à tous ceux qui se sentent en capacité d’effectuer les missions proposées. Chacun y trouve donc son compte.
Directement en contrebas du donjon s’étend la grand place de Meredrynn. Cet immense espace est toujours occupé et animé. La population s’y rassemble volontiers pour participer à tous types de festivités. On aime assister en famille à des spectacles artistiques, des tournois et joutes, des discours politiques ou encore des exécutions publiques, particulièrement appréciées des mérédréens.
A une encablure au nord de là, on tombe sur le logis. Petit castelet séculaire, c’est un des rares bâtiments civil qui ait traversé la Grande Guerre en restant intact. Autrefois demeure des seigneurs de la ville, il accueille aujourd'hui une banque et la mairie.
Parcourez ensuite les rues en direction des acclamations et du brouhaha et vous tomberez sur un des lieux les plus importants de la vie de Meredrynn : le grand marché. C’est ici que les premières échoppes se sont installées, donc ici que la richesse de la ville est née et ici que de nombreux rêves de fortune se sont effondrés. Il est possible d’y acheter tout ce dont vous pouvez avoir besoin, et bien plus encore, si votre interlocuteur et votre bourse trouvent un accord. Dans le cas contraire, contentez-vous d’y flâner pour contempler les objets rares, humer les épices exotiques et essayer des atours originaux.
Il est un établissement que tout meredréen affectionne: l’auberge de l’Escargot Rouge. Déjà en service avant l'exode mais malheureusement détruite pendant la guerre, elle fut un des premiers bâtiments reconstruits au retour des populations. Les gérants sont d’ailleurs les descendants directs des propriétaires de jadis. Ouverte à toute heure, Il y règne toujours une ambiance festive et conviviale sublimée par des effluves de viandes aromatisées, de vin chaud et de tabac. Vous pourrez y déguster des plats typiques de la région, confectionnés avec savoir-faire et passion par les maîtres cuisiniers à base de produits fraîchement arrivés des fermes alentour tout en sirotant une cervoise bien fraîche. Quoi de mieux pour se faire de nouveaux amis qu’une partie enflammée de fion-de-poule? Accessoirement, vous pourrez finir la soirée en très bonne compagnie dans une des chambres que propose l’auberge, à condition que votre bourse soit suffisamment pleine.
Folklore et coutumes
Étendard et symbole de la cité
Etendard de la cité de Meredrynn : sur champ bleu d'Emren coupé verticalement en son milieu d'un bleu profond et bordé d'or, broché d'une double tête de loup de sable bordée d'or.
Symbole de la ville de Meredrynn
Arts
Dans son essor, Meredrynn est en voie de devenir une ville d’arts. De nombreux musiciens, peintres et autres sculpteurs s’installent en ses murs à la recherche d’un public aimant et potentiellement d’un riche mécène qui leur apporteront célébrité et fortune. Il est donc très courant de croiser des spectacles de rue ou d’assister à des manifestations artistiques dans certains lieux comme les tavernes et auberges ou encore dans les hôtels des riches familles.
Folklore
Sainte Imizaëlle
De toutes les histoires de Meredrynn, la plus célèbre est la légende d’Imizaelle la Protectrice. Cette guerrière a jadis donné sa vie en combattant héroïquement l’envahisseur. Son sacrifice a permis à la population civile d’évacuer la cité en proie aux flammes. C’est elle qui est représentée sur la statue monumentale au sommet du donjon. Veilleuse éternelle, elle tient un enfant dans ses bras, symbolisant les innocents qu’elle a sauvés ce jour-là. Son histoire s’est même répandue dans le monde entier et elle est vénérée comme sainte par certains. De nombreux pèlerins viennent jusqu’à Meredrynn pour prier à ses pieds, du simple vagabond aux Chevaliers eux-mêmes.
Sérénité
Tout bon citoyen de Mérédrynn souhaite secrètement que quelqu’un soit condamné à la peine capitale car il savoure le spectacle que cela offre. En effet, depuis plusieurs siècles, la ville possède une méthode d’exécution originale: l’écrasement de tête par masse, et cette masse géante porte un nom: “Sérénité”. Considérée comme un personnage à part entière du paysage meredréen, “Sérénité” est l’objet de tout un cérémoniel. Vous connaissez bien l’histoire autour de la tradition. Tout débuta lorsqu’un fou voulut saccager la chapelle avec une masse géante. Il fut arrêté mais ne cessait de hurler. Rien ne l’arrêtait. A court de patience, un garde saisit sa masse et lui fracassa le crâne avec, rendant ainsi à Meredrynn sa sérénité sous les acclamations de la foule. L’arme et la méthode furent conservées pour mettre en garde les fauteurs de troubles. Depuis, elle est exposée au sein du logis et seul le bourreau à le droit de la toucher. Elle se transmet ainsi de bourreau en bourreau depuis plusieurs siècles. Le jour de d’une exécution, le maître de cérémonie apporte Sérénité sur la grand place et la présente au public en la soulevant de la main droite. Tous doivent alors baisser la tête et garder le silence jusqu’à ce que le bourreau prononce les mots “la sérénité reviendra”, puis, place au spectacle. Une fois le condamné décapité, Sérénité est présentée à nouveau au public et la foule peut alors acclamer. Le bourreau raccompagne alors la masse jusqu’à son support.
Chants populaires
Hymne de Meredrynn
Meredrynn
Face aux flammes, à la guerre, aux ennemis
Meredrynn
Imizaelle combattit
Meredrynn
Relevée de tes cendres en cité libre
Meredrynn
Pour Emren tu chantes et vibres
Meredrynn
Protège l'amour, la Foi, la liberté
Meredyrnn
Offre à tous Sérénité
Geste d'Imizaëlle
Dans le soir d’un hiver trop long,
Dans les ruines, surgit un nom.
Une histoire de gloire éternelle,
Le geste d’Imizaelle.
Refrain:
Portée par les vents, par delà l’horizon,
A jamais résonnera ta gloire.
Au delà du temps, à travers nos chansons,
Tu vivras toujours dans nos mémoires.
Au milieu des morts et l’horreur,
Tu combats, bien forte et sans peur.
Dans les cris, le froid et le sang,
Tu sauves tous les innocents.
Refrain.
Mais l’ennemi est bien trop féroce,
Tu t’élances vers une fin atroce.
Quand les flèches se mêlent à la pluie,
Ton combat, soudain, est fini.
Refrain.
Sur les murs où sonna ton glas,
La cité murmure ton trépas.
Quand les cloches sonnent six fois,
On peut encore entendre ta voix.
Refrain.
Le chant du fou
Par un après midi
un grand bruit qui résonne
et puis surgit un cri
venant d’une personne
et c’est deux âmes en peine
qui courent et tourbillonnent
fuyant l’église pleine
de leur sale besogne
Le fou le simple le frêle
assure qu’il y a maldonne
et que c’est sous la stèle
que le mal se couronne
Devant sa folie vaine
les badauds se questionnent
leurs patiences à son terme
ils broieront donc sa pomme
Cette histoire j’en confesse
n’a rien qui se pardonne
mais nous apporte en liesse
la sérénité des hommes.

